Range Rover Evoque D240 S 2019


Test Drive / jeudi, mai 16th, 2019

Déjà 8 ans que les Anglais de chez Land Rover ont érigés le Range Rover Evoque au sommet des ventes de SUV compact à travers le monde. Exclusif et luxueux, l’Evoque première génération a d’emblée séduit par son design extérieur chic et épuré. Comme les bons vins, un Evoque se bonifie avec l’âge mais garde les arômes qui en ont fait son succès. C’est pour cette raison que les mauvaises langues diront que l’évoque 2019 ressemble trop à la première génération. Pourtant, à y regarder de plus prêt, le design est affiné, les espaces entre les éléments de carrosserie sont réduits, l’éclairage passe au Led, un bandeau laqué noir sur le coffre, des poignées de portes affleurantes et surtout une toute nouvelle plateforme portant le nom de « Premium Transverse Architecture » avec un empattement augmenté de quelques centimètres sont une partie des améliorations de cette génération. Autre nouveauté, toutes les motorisations reçoivent une hybridation légère MHEV de 48 vols dont la batterie trouve sa place sous le plancher. En résumé, c’est un dispositif de récupération d’énergie durant les phases de freinage et de décélération via un système d’alterno-démarreur. Elle aura l’avantage de faire baisser la consommation ainsi que l’émission de CO2.

Décliné en plusieurs versions , le moteur 2L est disponible de 150 à 240 ch en diesel et de 200 à 300 ch en essence. Mis à part le 150ch qui est en deux roues motrices, toutes les autres motorisations sont équipées de la transmission intégrale donnant au véhicule les qualités Off Road qu’on se doit d’attendre de Land Rover. Agile en toutes circonstances et avec de bonnes qualités routières, la transmission aide par exemple à tenir une excellente trajectoire dans les courbes en envoyant plus de puissance sur la roue arrière extérieure au virage. Lors de cet essai, j’ai eu la chance de tester le plus gros moteur diesel avec ses 240 ch. Equipé de la boite automatique ZF 9 vitesses, le 4 cylindres m’a semblé parfois peiner à relancer les 1955 kg. Par contre en mode palettes au volants, j’arrivais à tirer le maximum du potentiel que ce moteur dispose.

Fidèle aux gènes reçus de son grand père le Defender depuis 1948, le Range Rover assure une fois qu’on quitte le tarmac. Même si ce SUV compact est destiné à la ville, l’Evoque va permettre quelques escapades en toute sécurité et confiance quelque soit les conditions. Différents modes de conduite sont sélectionnables, si sur route classique je n’ai pas réellement senti de différence, un petit tour dans les dunes a suffit pour comprendre comment l’application « Terrain Response 2 » influence la motricité pour se dépêtrer d’une situation délicate. Un mode boue, neige, confort ou… sable est sélectionnable dans l’habitacle. Je me suis enlisé en mode confort et j’ai réussi à me dégager en quelques secondes grâce au mode sable. Sachez que pour faciliter le tout, il est possible de mettre le mode de conduite en automatique et ainsi la voiture réagira d’elle même en envoyant les bons paramètres.

Une fois que l’on ouvre la porte pour s’installer dans l’habitacle, il ne reste pas grand chose de la version précédente. Si la première génération était critiquée pour ses quelques mauvais plastiques et une panoplie de boutons sur la colonne centrale, la nouvelle génération revoit sa copie avec brio! Un habitacle « pure » et high-tech inspiré du grand frère Velar rend le tableau de bord merveilleux. De multiples écrans viennent agrémenter ce vaisseau futuriste. Un écran intégré au centre et s’inclinant de 10″, une dalle  également en 10″ remplace les boutons de climatisation ou de mode de conduite, le traditionnel compteur lègue sa place à un écran de 12,3″ avec carte gps intégrée et le summum est un rétroviseur central diffusant la vue caméra arrière. Dans un premier temps, il n’est pas facile de naviguer dans les différents menus afin de trouver les paramètres que le conducteur préfère et ça m’a semblé assez complexe. Après un petit temps, je suis arrivé à mettre sur les différents écrans les infos que je souhaitais. S’il y a un gros point positif après l’étape de réglage des préférences, c’est que le Range Rover garde les préférences en mémoire, ce n’est pas toujours le cas chez les concurrents. Pour les boutons au volant, là aussi il y a du nouveau avec deux commandes qui elles aussi demanderont un temps d’adaptation pour les utiliser de manière optimale. Les deux écrans du centre sont appelés « Touch Pro Duo » et sont à eux seuls un concentré de technologie et le cœur de cette voiture. Cet ordinateur permet une multitude de connections, que ce soit Carplay, Android auto, micro sd, usb mais permet aussi de gérer des options innovatrices tel l’ionisation de l’air de l’habitacle. Autre technologie embarquée super intéressante c’est la disposition de caméras couvrant toute la voiture et simulant des vues tel que par exemple le placement des roues par rapport au irrégularités du sol.

Pour ce qui est du confort, tout est fait pour que le conducteur se sente comme dans un cocon, pour ma part je me suis un peu senti confiné dans mon siège et malgré divers réglages j’avais l’impression d’être trop proche du plafond avec la gène que ça engendre au niveau de la vue dans le pare-brise. A côté de ça, il en est tout l’inverse pour les places arrières qui gagnent encore en espace aux jambes grâce au nouveau châssis. La banquette est confortable et permet aisément à trois adultes d’y voyager sans soucis. Etant jeune père de famille, un détail qui peut paraître anodin mais qui m’a prouvé la place disponible est le fait de pouvoir voyager avec un maxicosi sans devoir avancer le siège avant. J’ai apprécié le fait que les passagers aient leur propre diffuseur d’air et également le superbe toit panoramique qui a beaucoup plu à ma fille.

Qui dit SUV et de plus en réél 4X4 dit chargement et possibilité de tractage. Pour le volume du coffre, il fait 591L et est dans la bonne moyenne du segment des SUV Compact, pourtant je dois dire que la disposition et à mon avis l’inclinaison de la banquette arrière limite le transport de grosses pièces. Pour ce qui est des capacités de remorquage, l’Evoque est prévu pour tracter jusqu’à 1600Kg.

Lors de mon essai, la consommation fût de 8,3L au 100km pour une conduite en mode calme avec quelques passages hors piste, même si ça reste correcte, j’aurai espéré descendre sous les 8L grâce à l’hybridation. Il se murmure qu’un version hybride rechargeable débarquera bientôt en concession et risquera de séduire un panel de conducteurs limités dans leur choix de SUV jusqu’à présent.

Pour conclure, je dois dire que l’Evoque m’a subjugué par sa beauté extérieure tout en finesse ainsi qu’un intérieur accueillant. Compact avec des mensurations de 4,37m de long pour 1.90m de large, il se faufilera dans les embouteillages sans aucun soucis. Le dispositif de caméra permettra de le garer n’importe où. Si le côté luxueux, les possibilités de baroudeur ainsi que la technologie embarquée le place dans la tranche des premium , il n’est pas bon marché. A partir de 39.250€ pour le modèle 2 roues motrices, il grimpe à plus de 44.000€ pour une version 4×4 de base. Attention, je dis de base mais il faut reconnaître qu’ils sont déjà très biens équipés. Lors de mon essai, j’avais noté que l’insonorisation des bruits extérieurs étaient perfectibles, mais à y réfléchir, j’ai l’impression que mon appréciation était faussée par le fait de laisser le toit panoramique visible, certainement qu’en refermant le ciel de toit j’aurai gagné en qualité d’isolement sonore. Bref, il donne quand même très envie ce Range Rover non?